La rue de Jacqueline
La rue de Jacqueline :
Dans la rue de Jacqueline, j’ai retrouvé les senteurs et les bruits de mon enfance. Je revois l’échoppe du cordonnier et retrouve l’odeur du cirage, mélange à la fois âcre et suave du savon noir et de la sueur. J’entends la voisine qui, à midi tapante, tous les jours, appelait ses enfants pour le repas… le carillon de la vielle église moyenâgeuse qui résonnait toutes les heures, comme pour nous rappeler à l’ordre, mes camarades et moi, au cas où nous n’aurions pas été sages… le chien-loup au fond de la cour d’à côté qui aboie, la porte d’un garage qui grince, les cris des enfants sortant de l’école…
En France ou à l’étranger, à Paris ou en province, nous avons tous les mêmes souvenirs, odeurs, bruits, couleurs, sensations qui ne demandent qu’à ressortir l’espace d’un matin ou d’un instant magique.