Une rue

Publié le par Agathe

04 Agathe
Une rue
 
Rue d'enfer, rue de Paradis, rue Denfer à Paris
De tout temps, se serrer pour ne pas avoir froid
Ne pas avoir peur des loups, de la nuit, des barbares
De tous temps, un terrain d'aventures, un monde en tout petit
 - Bien sûr, il y a la ruelle, emplie de purin, de bouts d'animaux
Fouillée par le groin des porcs
Il y a le bruit, les cris, la toux du voisin, les puces, la peste
Mais, l'explosion de vie du marché ! Mais les chanteurs
Les arlequins, les compteurs !
Oh, le banc – même margelle – où la vieille rencontre le vieille
Et le vieux, et l'enfant
Oh, le café ou ce qui en tient place
Oh, la fontaine et son rebord, les schémas tracés à la craie
Les explications, les récits, les remords
Oh, le voisin qui a voir la voisine
Oh, les gonds de la porte et l'odeur de cuisine
Les roues de la charrette, du vélo, de l'auto, du bus, du tram
Les regards déracinés de ceux qui rentrent après les flammes
Les paresseux adossés aux façades
Rêveurs, dans l'odeur du pain chaud qui s'élève
Les yeux plongés dans le ciel par delà les toits
 
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Publié dans La Rue

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