Monologue intérieur

Publié le par Agathe

Monologue intérieur
Agathe
"After Stéphanie" 06/12/05
 
 
            "Je devrais. # Je devrais. # Je sais bien que je devrais. ## Je devrais. # Non : toi tu devrais, TOI. Tu devrais. # Avoir honte. Partir comme ça, l'ouvrage en train, rien achevé, rien assumé. # Hein ? # Hein ? # Hein, que t'as honte ? Aaaaaaaahhhhhh oui alors, j'ai honte. Que c'est bon, à poil sous la couette, avec Mistigri qui a mis le moteur en marche et qui fait bouillotte ! Allez, minou, si tu vas me faire une tasse de thé, je te laisse boire le lait."
 
 
 
 
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S
THÈME IMPOSÉ: LE TRAVAIL<br /> <br /> <br /> UN MAUVAIS PLI<br /> <br /> <br /> Zhou Fang Fei fit d'abord mine de n'avoir pas entendu, mais l'enfant insistait:<br /> - "C'est quoi ton travail papa?"<br /> Il ne savait pas tout à fait pourquoi, mais il n'arrivait pas bien à en parler. Pourtant, plisseur, ce n'est pas un métier honteux. Non.<br /> Zhou Fang Fei était plisseur, plisseur de tissus. Rien de bien passionnant, c'est vrai. Des milliers de millions de kilomètres de tissus avalés sous ses mains habiles depuis plus de 35 ans qu'il plissait. Il avait commencé tout jeune adolescent, dans l'une des usines à soie d'Etat de la banlieue de Hangzhou, à l'est de Pékin.<br /> - "C'est quoi ton travail papa?" lui redemanda l'enfant, tirant d'une main sur le bas de sa veste, et traînant de l'autre un sac énorme.<br /> Zhou se concentra, et repensa aux gestes méticuleux, calculés au millimètre, et aux risques aussi, liés à la chaleur. Il énuméra mentalement et très consciencieusement toutes les manipulations opérées, heure par heure. Calibrer la largeur et la longueur du tissu qui, à l'infini, se pliera et se dépliera en accordéon. Mesurer et appliquer la densité des plis. Les manettes…<br /> <br /> Puis son souffle s'accéléra. Il repensa à la misère, la sienne, celle de sa famille, celle de son clan. Son travail, c'était bien sûr se tuer à la tâche pour un salaire de misère. Son travail, c'était obéir, c'était répondre à la demande, c'était accélérer le rythme. Il enrageait intérieurement.<br /> - Dis, il est bien ton travail papa?"<br /> La petite voix de flûte s'éleva lentement avec grâce dans les airs pour toucher l'oreille de Zhou, pénétrer dans son esprit, y apporter une touche de lumière. Le moment qu'il avait toujours préféré, c'était celui où la machine rejetait un grand souffle d'air pour décoller le tissu surchauffé du tapis. Alors, les vagues et les dunes emportaient Zhou. Les bleus, les carmins, les ors, le faisaient voyager. La lumière lui brûlait les yeux. Les plis, c'était la terre, les plis c'était la mer, le ciel, à sa portée… il les touchait des doigts.<br /> Alors, il se tourna vers l'enfant, apaisé, et put lui répondre.<br /> - "Mon travail, c'est marin."<br /> TANIA<br /> <br /> Variation: Saut dans le texte d'un autre<br /> <br /> La sage femme la jaugea de son oeil froid de dorade du Japon surgelée. <br /> "Encore une qui ne savait pas ce que c'était que le travail…" <br /> <br /> Avec ses cheveux d'ange, sa taille de guêpe qui aurait malencontreusement avalé une olive, elle ne présentait aucune trace d'entraînement, ni même de conscience de ce qu'il lui faudrait abattre comme tâche pour le mettre au monde c't'enfant…<br /> <br /> "Respirez, respirez,…Encore, oui, mais non, pas trop…"<br /> Ca y est, la voilà qui allait tourner de l'œil maintenant. Aucune endurance cette jeunesse… Non, décidément, le travail bien fait n'était plus ce qu'il était…<br /> <br /> TANIA<br />
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