Ange ou démon ?

Publié le par Claude

Ange ou démon ?
 
 
Travail ! Maléfique ? Bénéfique ?
A quel prix gagne-t-on son autonomie, son pain ?
« Gloire au travail » chantent les régimes totalitaires,
Haro sur ceux qui restent le nez en l’air !
Gloire au travail, mais pas gloire à l’homme
Faisons-le plutôt esclave, abruti de fatigue,
Plus d’épuisement moins de contestations,
Le travail devient l’empêcheur de penser en rond,
En rond ou ensemble pour faire front.
 
Pourtant, pourtant, imaginons,
En pleine utopie nageons, et rêvons
D’un monde où le travail aiderait l’individu
A s’accomplir, à s’épanouir, sans chaîne,
Et pourrait ainsi contribuer, sans haine,
Au bien de la société,
A l’harmonie du monde.
 
 
Claude
 
 
 
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Publié dans Le mot travail

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S
THÈME IMPOSÉ: LE TRAVAIL<br /> <br /> <br /> UN MAUVAIS PLI<br /> <br /> <br /> Zhou Fang Fei fit d'abord mine de n'avoir pas entendu, mais l'enfant insistait:<br /> - "C'est quoi ton travail papa?"<br /> Il ne savait pas tout à fait pourquoi, mais il n'arrivait pas bien à en parler. Pourtant, plisseur, ce n'est pas un métier honteux. Non.<br /> Zhou Fang Fei était plisseur, plisseur de tissus. Rien de bien passionnant, c'est vrai. Des milliers de millions de kilomètres de tissus avalés sous ses mains habiles depuis plus de 35 ans qu'il plissait. Il avait commencé tout jeune adolescent, dans l'une des usines à soie d'Etat de la banlieue de Hangzhou, à l'est de Pékin.<br /> - "C'est quoi ton travail papa?" lui redemanda l'enfant, tirant d'une main sur le bas de sa veste, et traînant de l'autre un sac énorme.<br /> Zhou se concentra, et repensa aux gestes méticuleux, calculés au millimètre, et aux risques aussi, liés à la chaleur. Il énuméra mentalement et très consciencieusement toutes les manipulations opérées, heure par heure. Calibrer la largeur et la longueur du tissu qui, à l'infini, se pliera et se dépliera en accordéon. Mesurer et appliquer la densité des plis. Les manettes…<br /> <br /> Puis son souffle s'accéléra. Il repensa à la misère, la sienne, celle de sa famille, celle de son clan. Son travail, c'était bien sûr se tuer à la tâche pour un salaire de misère. Son travail, c'était obéir, c'était répondre à la demande, c'était accélérer le rythme. Il enrageait intérieurement.<br /> - Dis, il est bien ton travail papa?"<br /> La petite voix de flûte s'éleva lentement avec grâce dans les airs pour toucher l'oreille de Zhou, pénétrer dans son esprit, y apporter une touche de lumière. Le moment qu'il avait toujours préféré, c'était celui où la machine rejetait un grand souffle d'air pour décoller le tissu surchauffé du tapis. Alors, les vagues et les dunes emportaient Zhou. Les bleus, les carmins, les ors, le faisaient voyager. La lumière lui brûlait les yeux. Les plis, c'était la terre, les plis c'était la mer, le ciel, à sa portée… il les touchait des doigts.<br /> Alors, il se tourna vers l'enfant, apaisé, et put lui répondre.<br /> - "Mon travail, c'est marin."<br /> TANIA<br /> <br /> Variation: Saut dans le texte d'un autre<br /> <br /> La sage femme la jaugea de son oeil froid de dorade du Japon surgelée. <br /> "Encore une qui ne savait pas ce que c'était que le travail…" <br /> <br /> Avec ses cheveux d'ange, sa taille de guêpe qui aurait malencontreusement avalé une olive, elle ne présentait aucune trace d'entraînement, ni même de conscience de ce qu'il lui faudrait abattre comme tâche pour le mettre au monde c't'enfant…<br /> <br /> "Respirez, respirez,…Encore, oui, mais non, pas trop…"<br /> Ca y est, la voilà qui allait tourner de l'œil maintenant. Aucune endurance cette jeunesse… Non, décidément, le travail bien fait n'était plus ce qu'il était…<br /> <br /> TANIA<br />
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S
THÈME PROPOSÉ: LA VIOLENCE, C'EST QUOI?<br /> <br /> <br /> INITIATION<br /> <br /> <br /> Sur le sentier de graviers, la voiture roule au pas, longeant un corps nu et brun, recroquevillé sur lui-même. En passant plus prés, l'enfant voit que c'est une vieille dame aux cheveux gris et emmêlés, qui se sert de ses mains comme d'un sablier. Elle répète sans relâche ce même mouvement, son corps nu et brûlé par le soleil se balançant au rythme d'une affreuse berceuse. <br /> La voiture se gare mais l'enfant ne peut détacher son regard du petit être rabougri au corps violemment offert à la vue. Son âme éparpillée aussi s'étale là, sous le regard passant d'infirmiers goguenards.<br /> <br /> Au second plan, plus loin dans l'azur du ciel, se détachant sous les pins, la silhouette d'une petite femme ronde et rebondissante. Son regard, surtout, sautille de droite et de gauche. Autour de son cou, des bijoux fantaisie s'emmêlent tandis que deux couettes nouées de ruban rouge lui donnent un air gamin. Ses deux poignets ronds et blancs s'ornent de bracelets de plastique multicolore. Elle s'avance sur le chemin où la vieille dame nue et rabougrie fait passer le temps entre ses doigts jaunes et racornis comme du bois sec. Elle se met à sauter sur un pied et l'enfant comprend qu'elle joue à la marelle.<br /> <br /> Le père de l'enfant l'appelle pour qu'elle l'accompagne à l'intérieur. <br /> Des murmures, des cris, des gémissements, quelqu'un hurle là-bas, quelque part, loin de la vue. <br /> "T'as pas un cloppe?". "Aide-moi s'il te plaît, petite, aide-moi"…<br /> Des sourires bêtes, baveux, des regards en prière, comme autant d'abymes d'incompréhension. Dans les couloirs, partout, des hommes, des femmes, des murs en souffrance, pure désolation. La solitude de l'homme parmi les hommes, de celui qu'on a détecté, isolé, parqué là. La solitude du fou parmi les fous.<br /> <br /> L'enfant serre la grosse main chaude de son père et s'y accroche comme à une bouée, pressentant pourtant que ce qu'elle a vu la distinguera à jamais des autres. Maintenant, et pour toujours, elle aura peur.<br /> <br /> TANIA<br />
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