Des mots à garder
Chez moi personne ne prenait le temps de lire. Ou alors si, des magazines, des journaux, que l'on jetait ensuite. Si bien que de mon côté, étant trop jeune pour lire "Le Monde" ou "Paris Match", je ne lisais rien.
Si, mes devoirs : je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes. Plus tard : Britannicus, Andromaque, l' Iliade...
Et puis un jour quequ'un, une jeune fille de ma classe, m'avait prêté un livre, sans me demander mon avis comme si c'était un livre interdit.
C'était "l'Ecume des jours" de Boris Vian.
J'ai eus l'impression que les adultes n'avaient pas connaissances de l'existence de ce genre de livres, qu'il avait presque été écrit pour moi, comme un courrier qui me serait adressé par l'intermédiaire de boîtes aux lettres mystérieuses, secrètes.
J'avais dix-huit ans. Depuis j'ai accumulé des livres et des livres, des bibliothèques entières, remplies de romans, de pièces de théâtre, d'essais... des mots de toute sorte, des mots que l'on ne jette pas.
Olivia