Mise en abîme
Quand je cherche une photo emblématique de mon univers sensoriel à l'époque de mon enfance, c'est un cliché célèbre qui s'impose à moi.
A côté d'Elvis obèse lors de son dernier concert, de la regrettée Callas décédée décidément trop tôt, de Pompidou, de Jacques Martin, de Cloclo et de ses claudettes, une image obsédante se détache en rouge carmin sur l'écran de ma mémoire. Toujours cette même figure de femme souriante et énigmatique, se duplicant à l'infini dans mon esprit confus de préadolescente. La photo, en fait, est un dessin. Une jeune femme bouclée, blonde, tournée de trois quarts, arbore un grand sourire. Elle porte un tailleur bleu et un tee shirt blanc. Ses lèvres sont rouges, brillantes de plaisir, de santé, d'énergie.
D'une main, elle porte à sa bouche quelque chose qui se mange. Quelque chose de très bon, c'est sûr, à en voir le pétillement de son regard.
De l'autre, elle tient un sac en plastique rouge, au centre duquel se détache une photo. Un dessin plutôt: une jeune femme bouclée, blonde, tournée de trois quarts, qui arbore un grand sourire. Elle porte un tailleur bleu et un tee shirt blanc. Ses lèvres sont rouges et brillantes de plaisir, de santé, d'énergie.
D'une main, elle porte à sa bouche…