Nuage. Pluie sur le lac

Publié le par Agathe

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Agathe

La violence, c'est quoi ?

  

 

Nuage. Pluie sur le lac.

   

 

            Chez les babouins, on présente ses fesses (dépourvues de fourrure) au mâle dominant, qui vous enfile l'index dans le cul, puis le renifle en vous regardant bien dans les yeux avant de vous laisser partir.

              Chez les bourgeois, tout commence par un mouvement de recul de la tête – parfois invisible – mais toujours suggérant la présence d'un ailleurs plus vrai.

              Chez les curés, on coupe la bite ; on voile ; on invite à l'anthropophagie – c'est écrit dans le filigrane céleste.

              Chez les Maîtres d'Ecole, on prêche – on démontre ! – que "différent" est synonyme de "soit … soit", et que "soit … soit" est synonyme de "plus" ou de "moins".

              Chez les militaires … non, ça, c'est trop facile :  

             Chez Monsieur et chez Madame, lorsque l'un éternue, l'autre s'enrhume.

              Chez le marchand, on échange contre des vivres un petit poids de métal anodin, noirci par le sang et l'angoisse de tous les doigts qui l'ont tenu avant – des doigts comme les miens, pourtant, et cependant des doigts absents.

 

La violence

C'est l'absence

De conscience

                         Que l'âme humaine

                         Sur les milliers de corps est partagée

                                                              Qu'il n'y a ni présence ni absence

                                                              Ni fantômes, ni réalité

                                                              Simplement de la pluie

                                                              Qui revient tomber sur le lac.

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Publié dans La violence c'est quoi

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Y
<br /> Violence<br /> <br /> Un horizon jaune et rouge. Un pont, masse noire se découpant abruptement. Sur le pont, une silhouette imprécise, d’une impérative présence. Un corps sans individualité. Et un visage, sombre, indéfini. La bouche, grande ouverte, laisse échapper un cri rauque, douloureux ; il vient du plus profond de l’être, semble ne jamais pouvoir s’arrêter. Un homme hurle, et ça ne s’entend pas. Un cri déchirant, englué dans le silence. Un cri sourd résonne à jamais de trop de misère, de trop d’incompréhension, de rejet, de haine, de rêves avortés, de désespoir. Une voix, encore et malgré tout, qui refuse de se taire, de renoncer, têtue. Existe-t-il un regard, un autre silence peut-être, qui puisse en apaiser la douleur ? Et si l’on se faisait un peu violence…<br />
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