Rien qu'une bonne copine

Publié le par Stefani

 

L’amitié, l’amitié, comment avait-il osé ?

Mais qu’est-ce qu’on en a à faire de l’amitié, quand il s’agit d’amour !

La lettre jonchait le sol.

Elle était toute rouge, rouge de colère, rouge de honte.

Envie de prendre le téléphone, pour lui dire qu’elle s’était trompée, que pour elle aussi ce n’était que de l’amitié, que…

Mais non, se calmer, ne pas s’enfoncer, résister.

Qu’est-ce qu’il en sait, d’abord, il n’a pas essayé. Mais qu’il essaie !

Bon d’accord il ne veut pas ; c’est un obstacle.

Mais le prétexte de l’amitié, c’est trop fort. Il ne veut pas d’elle, il la trouve moche ou tout simplement, elle n’a pas ce truc qu’ont les femmes désirables, les femmes qui font se retourner dans la rue , les femmes qui … enfin les autres femmes.

Elle se sentait reléguée dans une catégorie de second ordre (sentiment définitivement ancré depuis que son amie d’enfance lui avait un jour fait la remarque qu’elle n’avait ni sa beauté, ni celle de M. l’ennemie jurée,  « certaines comparaisons n’ont pas lieu d’être, ouvre les yeux »…douce amie !).

 

 

 

Enfin il ne voulait pas d’elle, mais s’il était sincère ? s’il tenait vraiment à leur amitié ?

Elle avait finalement choisi de remballer bien sagement tous ses sentiments, en elle-même, bien cachés, préférant le voir, toujours le voir. Sa présence rassurante lui était indispensable . Quelque chose de commun dans l’identité ou leur vision du monde, aussi.

La tâche n’était pas simple ; les sentiments remontaient irrégulièrement à la surface ; elle avait souvent envie de lui demander ce qui lui avait fait si peur chez elle.

 

 

 

Aujourd’hui, après tant d’années elle lui colle toujours aux basques et elle voit dans ses yeux qu’elle n’est pas invisible et qu’elle compte pour lui aussi.

 

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Publié dans L'amitié

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